Vivons ensemble une grande aventure

Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. PDFImprimerEnvoyer

Vivons ensemble une grande aventure : construire soi-même sa maison de A à Z

Monter un projet d’auto-éco-construction collective accompagnée, n’est pas une mince affaire, croyez moi ! Cette idée, ça fait maintenant 4 ans que je tente de la faire émerger. Autant n’importe qui peut se lancer dans un projet d’autoconstruction individuel, autant dès l’instant où l’on envisage une organisation collective, on se heurte à des murs dressés par l’administration pour qui l’autoconstruction n’existe pas en tant que mode de construction. Tolérée individuellement elle devient une source de conflits quand on envisage de l’encadrer et de la proposer  comme une alternative au manque de logements abordables (par logement abordable, nous entendons une maison de qualité dont le « loyer »est supportable pour un ménage ayant de faibles revenus).

 

Face à une administration frileuse et réticente, dès l’instant où on l’interroge sur une forme d’organisation qui ne rentre pas dans son schéma conventionnel, il faut apporter la preuve que ce type de projet apporte des réponses aux problèmes du logement des ménages aux faibles revenus. En franchissant petit à petit les obstacles dressés sur notre parcours, nous touchons au but, reste à prouver que c’est faisable !

 

Nous nous sommes attachés à concevoir un concept qui est techniquement et économiquement fiable, mais nous avons négligé ce qui est pourtant essentiel : la participation des autoconstructeurs à l’élaboration de ce qui sera « l’œuvre de leur vie ». Nous avons mis au point un système qui garantit :

  • Une structure juridique d’encadrement du projet par la création d’une coopérative d’intérêt collectif.
  • Une maison répondant aux attentes d’aujourd’hui notamment sur les coûts liés à la consommation d’énergie, mais aussi sur les éléments de confort que sont l’isolation et la bioclimatique.
  • Un « produit » dont les fournitures en matériaux sont maîtrisées par un partenariat conclu avec les fournisseurs.
  • Un concept qui offre toute sécurité aux participants « non professionnels » par la présence sur le chantier d’un accompagnateur technique, chargé de la bonne mise en œuvre des matériaux, mais aussi de toute la logistique (approvisionnement, sécurité du chantier, coordination).
  • Une garantie de « bonne exécution » par la couverture d’une assurance « Responsabilité civile constructeur » (responsabilité civile encourue en cours de chantier et responsabilité décennale).
  • Une garantie qui assure dans tous les cas la reprise du « bien » en cas « d’accident de la vie » par notre partenaire bailleur social Logiparc.
  • Une convention entre les directions du droit du travail et de l’URSSAF définissant les modalités d’intervention des participants à la construction des maisons par rapport au travail clandestin.
  • Une mise à disposition d’outils et de matériels de chantier nécessaires à la bonne réalisation des ouvrages.
  • Une étude privilégiée des dossiers de financement par un partenaire financier.
  • Un partenariat avec des collectivités proposant des terrains à des prix abordables.

 

Depuis 4 ans, nous avons focalisé toutes nos démarches sur la mise en place de ces différents aspects, mais nous avons négligé ce qui se révèle primordial aujourd’hui, la participation à l’élaboration du concept par ceux pour qui il a été élaboré : les autoconstructeurs ! Considérant que, tant que nous n’avions pas de terrains dédiés à monter un chantier, nous ne pouvions offrir l’opportunité à des autoconstructeurs potentiels de s’inscrire dans ce concept, nous n’avons pas su intégrer et intéresser notre public visé à participer à cette étude. Leur opinion est pourtant primordiale ! Dans un système qui ne peut intéresser que des individus « volontaristes », lesquels devront vaincre bien des appréhensions :

  • Se lancer dans une « aventure » qui est un travail de longue haleine, puisqu’il va y consacrer une dizaine de mois (week-end et jours fériés).
  • N’étant pas un professionnel du bâtiment, découvrir des métiers réputés complexes et se frotter à leur exécution (d’où l’importance de l’accompagnement par un professionnel).
  • Se retrouver en équipe avec des inconnus qui, comme lui, ont osé franchir le pas. Se couler dans un esprit d’équipe et accepter de se plier à une discipline librement consentie.

 

La contrepartie à ces questionnements ?
D’après un excellent article paru dans « La maison écologique » n° 52 aout/septembre 2009, ce qui pousse les autoconstructeurs à se lancer dans l’aventure, c’est la satisfaction personnelle, la fierté de créer de leur propre main, d’acquérir de nouveaux savoir faire et la nécessité de redonner du sens à leur vie.